Global View – Avril 2026

5/13/2026 10:10:29 AM

Technologie solide, immobilier fragile

En avril, ce n’était ni le mois de la panique, ni celui de l’euphorie : ce fut le mois où les marchés recommencent à sélectionner, et où de nombreux investisseurs découvrent soudainement que la diversification académique ne garantit pas un succès absolu.

La photographie d’ensemble montre un tableau contrasté, mais pas aussi fragile qu’il y paraît. Les grandes tendances restent intactes, mais la dispersion augmente. Certains secteurs accélèrent brutalement, d’autres peinent à avancer, tandis que d’autres encore semblent engagés dans une lente agonie. La phase où « tout montait » se transforme progressivement en un environnement beaucoup plus exigeant.

Technologie et télécommunications

Le marché continue de récompenser la croissance et les infrastructures numériques

Le signal le plus évident provient du secteur technologique et des télécommunications. Les télécommunications mondiales affichent une impressionnante progression mensuelle de +22,4 %, tandis que l’univers lié à l’intelligence artificielle progresse de plus de +18 %. La technologie mondiale conserve une trajectoire structurellement dominante, avec près de +87 % sur trois ans.

La croissance ralentit, le cycle économique se complique, les taux restent élevés, mais ceux qui contrôlent les infrastructures, les données, l’automatisation et la puissance de calcul continuent d’attirer les capitaux. Le secteur est désormais traité comme une composante structurelle de l’économie mondiale, presque comme une nouvelle utility à très fortes marges. Même dans les phases de volatilité, la force relative du compartiment technologique reste durablement supérieure à la moyenne mondiale. Les graphiques de forces relatives montrent un leadership qui ne semble pas réellement s’éroder.

Énergie

Un leadership moins spectaculaire mais toujours extrêmement solide

Le secteur de l’énergie enregistre un léger recul mensuel (-1,2 %), mais ce chiffre peut être trompeur lorsqu’il est isolé de son contexte. Sur un an, le secteur reste parmi les plus performants (+31,8 %) et conserve plus de +53 % sur trois ans.

Autrement dit, le marché n’abandonne pas l’énergie : il cesse simplement de la traiter comme un trade unidirectionnel.

Les forces relatives décrivent d’ailleurs une dynamique toujours très robuste. Après des années durant lesquelles l’énergie était presque considérée comme un vestige industriel d’un monde pré-ESG, le secteur continue d’occuper une position de force face aux marchés actions mondiaux. Les raisons sont probablement beaucoup moins idéologiques que pragmatiques : le système économique reste désespérément dépendant de l’énergie réelle.

Métaux précieux

Une volatilité à ne pas sous-estimer

Les métaux précieux et miniers reculent sur le mois (-1,3 %), mais le véritable élément marquant se situe ailleurs : le secteur conserve un impressionnant +172 % sur trois ans, accompagné toutefois d’une volatilité supérieure à 31 %.

C’est un secteur qui prospère lorsque les marchés craignent quelque chose — inflation, instabilité géopolitique, perte de crédibilité monétaire — mais qui peut devenir brutal lorsque l’excès d’anticipations se répercute sur les prix. Il ne semble pas encore s’agir d’un véritable retournement structurel, mais plutôt d’un retour physiologique vers les lignes de tendance après une envolée excessive.

Immobilier et consommation

Les secteurs oubliés par le capital

S’il existe un segment qui continue de payer le prix de l’argent cher, c’est bien l’immobilier mondial. Malgré un rebond mensuel (+5,7 %), le secteur reste extrêmement faible dans les analyses de force relative. Il ne s’agit pas seulement d’une question conjoncturelle : le marché continue d’anticiper un scénario dans lequel le capital restera coûteux pour une durée indéterminée.

La consommation discrétionnaire demeure également fragile. Les graphiques montrent une longue érosion relative qui dure désormais depuis plusieurs années. Signal intéressant : le marché semble moins disposé à payer des multiples élevés pour des secteurs fortement dépendants de la confiance des consommateurs.

Obligataire

Le retour des convertibles et le malaise des souverains

Sur le marché obligataire, une dynamique plus nuancée émerge par rapport aux mois précédents. Les obligations convertibles, notamment en Asie, surprennent avec des performances particulièrement robustes : +9,6 % sur le mois pour les convertibles Asie-Pacifique. Les convertibles mondiales affichent également des rebonds supérieurs à 5 %.

À l’inverse, les obligations souveraines américaines continuent de montrer des signes de faiblesse, surtout sur les maturités longues. Les Treasuries moyen-long terme restent fragiles aussi bien à court terme que sur le cycle triennal.

Forces relatives

Là où le marché regarde réellement

La section la plus intéressante du Global View reste probablement celle consacrée aux forces relatives.

Les États-Unis continuent d’afficher un leadership structurel face aux autres zones géographiques. L’Europe, le Japon et surtout la Chine montrent au contraire une faiblesse relative persistante. La Chine, en particulier, continue de perdre de sa centralité dans les flux mondiaux : le graphique de force relative ressemble davantage à une lente évaporation qu’à une simple phase de faiblesse cyclique.

Sur le plan sectoriel, le tableau est encore plus net. Technologie, finance et énergie demeurent dominantes. L’immobilier et la consommation restent quant à eux enfermés dans des trajectoires baissières qui durent désormais depuis des années.

 


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